Histoires de design chez Wright


A feast for the eye! Chaque vente aux enchères de design de la maison Wright est, comme le catalogue qui l’accompagne, une inépuisable source de ces fameux “eye candies”.

Mais au-delà des images soignées, les amateurs de design y découvrent, à travers les sélections affutées et les détails des provenances (la fameuse “littérature” qui narre l’histoire de chaque lot, faisant gonfler les convoitises), les coulisses de l’histoire du design, quelques anecdotes ou la personnalité, à travers des témoignages, de créateurs méconnus.

La vacation du 8 décembre prochain, “Important design”, mérite amplement qu’on s’y attarde.

En tête de liste caracolent ces fauteuils de Carlo Mollino (designer, architecte, ingénieur-concepteur de génie), chacun d’eux estimé entre 70 000 et 90 000 dollars. On a longtemps cru à l’existence d’un unique fauteuil, destiné à la maison que la famille Acotto lui avait commanditée. Ce n’est que récemment qu’on été retrouvées ces deux pièces, exceptionnellement conservées, issues de la propre collection de Gemma Acotto.

De Mollino, nous apprend le catalogue Wright, Paola Antonelli, directrice du département de design au MoMA, déclare qu’il était […] sexy et dangereux – probablement plus encore pour les clients qui faisaient appel à l’architecte et au designer que pour ses amantes – et le frisson subsiste dans ses pièces de mobilier. Il n’était pas seulement un artiste majeur, il était un super héros turinois – sombre et irrésistible”. Tout l’art de susciter le désir et de faire s’emballer les enchères…

De lot en lot, on voyage dans le temps : les fauteuils de Pierre Charreau, droit issus des années 1920, ornaient jadis l’appartement de l’artiste, comme l’hôtel particulier des Reifenberg, oeuvre de Robert Mallet-Stevens. Ou bien l’on y redécouvre une poignée de créateurs hors-courant, telle la Française Maria Pergay, ou au destin étonnant, comme l’Autrichien Marcel Kammerer (1878-1959), élève d’Otto Wagner, finalement devenu peintre et architecte.

Là où les vénérables maisons de ventes aux enchères (Christie’s et Sotheby’s en tête, Bonhams ou Philips de Pury peut-être un peu moins) pèchent par excès de tradition, Wright excelle : ses catalogues en ligne sont impeccables, exhaustifs, alléchants et disponibles plusieurs semaines avant chaque vente. Même les non-initiés d’Internet s’y repèreront et promèneront sans trouble. Un simple régal.

(Carlo Mollino, Acotto lounge chair (1952) – Accompagné du certificat d’authenticité signé de la main de Fulvio Ferrari)

Maria Pergay, France (1970) – acier et cuir (vendus avec leurs coussins) – Paire estimée de 50 000 à 70 000 $


Ateliers Jean Prouvé, banquette Marcoule (provenance : Centre de réadaptation fonctionnelle, Nancy), 1957 – Estimation 30 000 – 50 000 $

Shiro Kuramata, “Feather stool” (1990) : acrylique, plumes, aluminium. Ed. limitée, pièce numérotée 15/40, estimation 50 000 – 70 000 $


Ettore Sottsass, “In praise of Epicurius” (1997) – Estimation 5 000 – 7 000 $


Pierre Charreau, paire de fauteuils MF 732, 1924 – Estimation 70 000 – 90 000 $


Libidarch Group, “Argine chair” (1974) – Mousse polyuréthane et ficelle – Fauteuil présenté )à l’occasion du 5ème Salon International du Meuble de Milan en 1975, production limitée à 50 exemplaires. Estimation 20 000 – 30 000 $



Marcel Kammerer, fauteuils bristrot – Autriche, 1899 – Estimation 6 000 – 8 000 $

Gerrit Rietveld, chaise Zig Zag (1932) – Estimation 9 000 – 12 000 $


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