Patternity dépoussière la marqueterie

Incollables sur l’oeuvre de Sonia Delaunay ou celui du De Stjil, une obsession commune pour les arts décoratifs, et plus particulièrement pour le motif, a amené Anna Murray et Grace Winteringham  à joindre leurs efforts. Le nom du studio, Patternity, affiche hardiment le credo des deux créatrices : le motif (“pattern”) supplante la forme, c’est lui qui donne véritablement naissance à l’objet.

En mai, la directrice artistique et la designer textile présentaient au cours de la Clerkenwell Design Week de Londres la table-console Shift, parfaite représentation de la philosophie Patternity . La ligne élémentaire du bâti de chêne donne la vedette au minutieux travail de marqueterie, dont la réalisation rénove complètement l’image désuète ordinairement associée à cet art délicat.

Motifs géométriques aux couleurs contrastées, Shift, comme le bureau Phase (ci-dessous) qui a fait ses débuts à Milan un mois plus tôt, est une rencontre entre l’esprit Patternity et la maestria de l’ébéniste Toby Winteringham, «repoussant les limites des attentes traditionnelles» dans le domaine.

Le père de la designer textile apporte à l’art de la marqueterie un magistral traitement contemporain, qui a valu à cet ancien élève du Royal College of Art de Londres de voir son travail couronné de nombreux prix.

Shift, avec ses coloris vifs et tranchés sur une silhouette basique, semble un hommage au Bauhaus, passé au filtre du Street Art. Le secrétaire Phase regarde vers 1925, tout en affichant une palette de tons élégants, au rendu poudré. La ligne de mobilier, embryonnaire, a remporté un franc succès et ne devrait pas tarder à s’enrichir de nouveaux modèles. En parallèle, le jeune studio Patternity décline sa fantaisie dans une série d’accessoires de mode dévolus au design graphique.

source & crédits Patternity / Toby Winteringham


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