Chambres d’enfants autour du monde : le livre-choc de James Mollison

Ceux et celles, épris de déco, qui s’attendent à feuilleter un délicieux coffee table book empli de joyeux clichés à la façon des éditions Paumes risquent d’être un peu surpris – mais pas forcément déçus. James Mollison, photographe renommé (on se souvient du choc provoqué par ses clichés pour une campagne Benetton), a entrepris de parcourir le monde deux années durant pour constituer un panorama exhaustif des lieux où s’endorment, chaque soir, les enfants. Derrière sa couverture ludique (illustrée d’un charmant mobile à l’encre phosphorescente), Where children sleep ne fait pas rêver, mais réfléchir.

Quelques pages à peine séparent Kaya, poupée tokyoite dont la garde-robe coûte 1 000 dollars mensuels à ses parents, du quotidien nettement plus rude de la petite Indira, qui travaille depuis l’âge de trois ans dans une carrière de granit au Népal. Ou encore Ankhohxet, qui vit dans une hutte au coeur de la jungle amazonienne, de Harrison, garçonnet choyé par des parents diplômés de Harvard dans leur belle maison de maître non loin de New York.

L’ouvrage paraîtra dans quelques mois aux éditions Chris Boot, en collaboration avec l’organisation caritative Save the Children.

James Mollison, né au Kenya en 1973, a grandi en Angleterre et vit désormais à Venise, en Italie. Outre son travail pour la Fabrica de Benetton, on a pu voir ses photographies dans le New York Times Magazine, le Guardian magazine, le Paris Review, le New Yorker, ou encore Le Monde. Représenté par la galerie Flatland (Utrecht, Pays-Bas), son travail a été exposé dans le monde entier.Where the children sleep” est le quatrième ouvrage du photographe à paraître aux éditions Chris Boot.

En exergue de l’ouvrage, le photographe confie : «When asked to come up with an idea for engaging with children’s rights, I found myself thinking about my bedroom: how significant it was during my childhood, and how it reflected what I had and who I was. It occurred to me that a way to address some of the complex situations and social issues affecting children would be to look at the bedrooms of children in all kinds of different circumstances. From the start, I didn’t want it just to be about ‘needy children’ in the developing world, but rather something more inclusive, about children from all types of situations. It seemed to make sense to photograph the children themselves, too, but separately from their bedrooms, using a neutral background. My thinking was that the bedroom pictures would be inscribed with the children’s material and cultural circumstances–the details that inevitably mark people apart from each other–while the children themselves would appear in the set of portraits as individuals, as equals … just as children.»

«In the end, I hope the pictures and the stories in this book speak to children. Yes, so that lucky children (like I was) may better appreciate what they have. But more than that, I hope this book will help children think about inequality, within and between societies around the world, and perhaps start to figure out how, in their own lives, they may respond.»

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Comments

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  • Les tweets qui mentionnent Chambres d’enfants autour du monde : le livre-choc de James Mollison -- Topsy.com

    […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Suprbo, Sleek Design. Sleek Design a dit: Chambres d’enfants autour du monde : le livre-choc de James Mollison http://bit.ly/bF9uT8 #deco #design #charity #photoreporter […]

  • de Méjean

    Ok, exit la particule bidon, avec emploi mal maîtrisé. Ce qui compte, c’est, littéralement, d’où l’on écrit.
    D’où l’on écrit, donc, d’où l’on regarde, et sous quelle lumière.
    Les enfants sont toujours cadrés pareil ou presque, même fond, même éclairage, et s’ils sont évidemment tous différents, ils n’en sont pas moins “également”regardés. Mais leur chez soi, quelle claque.
    Merci.

  • Elodie Palasse

    @Sieur de Mejean : n’est-ce pas ? Le traitement censé égaliser le tout met en valeur l”écart abyssal entre certaines de ces vies. Demain je ferai un tour dans la galerie qui représente Mollison pour essayer d’en savoir plus (Flatland Utrecht, qui compte aussi Erwin Olaf parmi ses ouailles) http://www.flatlandgallery.com/index.php5?a=artists&id=25

  • Prof Z

    Décembre 2004
    La campagne de publicité de Benetton met en avant la situation critique des grands singes.

  • PRof Z

    Décembre 2004

    La campagne de publicité de Benetton met en avant la situation critique des grands singes.

  • Sophie

    Il y a de quoi réfléchir……. et peut être moins râler……..

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