Marion Chatel-Chaix, designer “à sensibilité textile”

Bon sang ne saurait mentir : dotée d’un père architecte et d’une mère coloriste, Marion Chatel-Chaix a grandi dans une maison où créativité sans bornes, ouverture d’esprit et volonté étaient autant de règles de vie. La designer textile française a récemment emporté un prix “Faces of Design”, accordé par un jury  de choix  -Alexander von Vegesack (Vitra), Alain Lardet (Designer’s Days) et le designer Maarten Baas étaient du nombre. Mais elle refuse d’être étiquetée “designer textile”. « Le tissu est pour moi un medium transversal, hybride, issu de différentes disciplines des arts appliqués. Evidemment, on pense immédiatement à son utilisation dans la mode, pourtant le textile s’impose dans bien d’autres domaines : design produit, design d’intérieur, création d’accessoires et objets variés, design graphique et création de motifs, ou même la photographie. Je préfère me présenter comme une “designer à sensibilité textile” – ce qui présente l’avantage de réunir couleur, matière et image. On peut ainsi lier la discipline à différents domaines, où le “design à sensibilité textile” offre un regard neuf sur le processus de création et de mise en oeuvre. » Design d’espace, d’objets, de mode à travers les tissus et les accessoires (pour Cotélac, BCBG Max Azria, Armor Lux…) ou planches d’inspirations et livres d’art : Marion s’applique et s’implique dans tous domaines, avec la même approche.

Like parents, like daughter: with an architect father and a colorist mother, Marion Chatel-Chaix was born and raised into a house were unlimited creativity, open-mindedness and drive were considered rules. The French textile designer has recently been awarded an international Faces of Design prize. Alexander von Vegesack (Vitra), Alain Lardet (Designer’s Days) and designer Maarten Baas were among the jurors. But she refuses to be labelled as a mere “Textile designer”. « Fabric, she insists, is kind of a transverse, hybrid medium resulting from various disciplines of applied arts. Of course, one would automatically link fabric to the Fashion industry, yet it is employed in many other fields, such as product design, interior design, accessories manufacturing, creating patterns, graphics, or even photography. I came up with this expression, “Textile sensitivity design”, that to me embodies the combination of color, material and image. It can therefore be linked to different design realms, where “Textile sensitivity design” projects a new light on thinking and creating processes. » Interior design, product design, fashion accessories design (for Cotélac, BCBG Max Azria, Armor Lux…), Marion follows the same logic, whichever new adventure she throws herself into.

Elle cite aussi les mots de Gérard Laizé, président du VIA : «Le lien entre design et mode est le textile. Ils sont ainsi voués à se nourrir, à se confondre. (…) L’harmonie des couleurs et des matières est une compétence en soi, pratiquée dans la mode. Le monde du design manque parfois de stylistes pour produire du beau. »

La tirade ne vise en aucun cas Marion Chatel-Chaix : la designer avait précédemment remporté le prix des « Espoirs de la Création » organisée pour la maison de champagne Ruinart par le prestigieux Comité Colbert. Somptueuse, avec un brin d’impertinence, sa malle à pique-nique se veut représentative de cette philosophie du “design à sensibilité textile”. Elle tenait à explorer le traditionnel déjeuner sur l’herbe, nappe posée sur le sol. S’inspirant de l’art japonais du Furoshiki (l’art de l’emballage du cadeau transforme un geste anodin en une sublime tradition), Marion a emballé sa malle. De l’extérieur, l’objet se fait discret ; son drapé lourd et soyeux se défait d’un coup de main, déployant sa luxueuse matière et révélant ainsi des graphismes joyeusement colorés, et des objets d’art (de la table) précieux. Un coup de maître qui n’a pas manqué de séduire le jury.

She is also refering to Gérard Laizé’s (president of the VIA) words: « The link between product design and fashion design is textile. This relationship inherently enriches all components involved. (…) In Fashion, harmony between colors and materials is a result achieved by skill and experience  – in a world sometimes lacking good stylists, who can create beautiful things. »

“Beautiful” applies to Chatel-Chaix’ work, widely recognized: she had previously won the « Les Espoirs de la Création » competition for Ruinart champagne, organized by prestigious Comité Colbert. Her sumptuous, yet sassy, picnic trunk illustrates what « Textile sensitivity design » aims to. Marion Chatel-Chaix wanted to have lunch on a tablecloth, simply lying on the grass. She took inspiration from the Furoshiki Japanese art of wrapping and offering a present, when suddenly an apparent common gesture becomes a whole tradition:  the fabric elegantly unwraps and spreads, to reveal joyful colours and graphics while the trunk opens. Effortlessly elegant, almost low-key and simple from the outside, displaying a treasured and luxurious style and range of items when opened: no wonder the (beautifully mastered) trick won the jury’s vote.

Parmi les dernières expériences de la designer, une incursion dans le célèbre Domaine de Boisbuchet, avec les designer de Big Game (animateurs d’un atelier), des animaux, des plumes, et une lampe qui se mue en chapeau… A découvrir prochainement sur Sleek design, car Marion s’est avec grâce prêtée au jeu, livrant une chronique détaillée du séjour – et briser le mystère : nous saurons bientôt tout ce qui se passe derrière les grilles de Boisbuchet.

Last Chatel-Chaix’s experiment deals with the famous Domaine de Boisbuchet, involving Big Game designers (they organized the workshop), some animals, feathers and a lamp turned hat… Soon on Sleek design, since she graciously offered to render a day-by-day account of what happened behind Boisbuchet closed gate.


Malle de pique-nique pour la maison de champagne Ruinart (Comité Colbert)

Dimatex – Définition de tendances et développement d’une collection de découpes laser. Projet de rideaux lumineux pour Blachère Illuminations.
Travail du textile & scénographie pour le festival des jardins de Chaumont sur Loire

Série "Nature démiurge", inspirée de la collection Jacques Kerchache


Comments

20
  • martine DAMEZ

    BRAVO!! Marion, j’ai déjà les flûtes à champagne à bulles, il ne me manue que la malle à pique-nique
    gros bisous
    martine

  • m

    il faut savoir faire court: luv!

  • maupado

    Pas de co-branding supposé win-win à la noix dans le projet Ruinart! La légèreté du chiffon taché, le nœud rapide de la nappe du pique-nique. On pense à des jambes nues, des espadrilles ouvertes et des cheveux défaits. Et on ne peut retenir une grimace au souvenir de la pompe prétentieuse, corsetée et capiteuse du projet Riva-Veuve Clicquot, qui en a fait se pâmer certains. Quel contre-sens terrible et vulgaire de fabriquer “comme un Riva”, un vanity-case bling-bling pour une bouteille de champagne, au prétexte qu’il en deviendrait le luxueux écrin de la divine bouteille. Si je ne peux pas y embarquer une BB juvénile et malicieuse, à quoi bon?
    http://www.notcot.com/archives/2008/06/veuve-clicquot-3.php

  • Prof Z

    Je ne sais pas quel styliste, quel designer, quel concepteur de modèles s’est fait la malle Riva , je ne sais combien de blogueurs se sont fait la malle et ont complaisamment fait des reportages de remerciements pour des week end à St Trop , à Reims, à Paris ou à Como…. Il n’ y a pas que le co-branding, il a pire, de PR en PR, d’influence en influence, la prise de contrôle de la toile et de l’espace de liberté par les marques internationales et les multinationales.
    Pierre Doze résume bien cette figure “vaguement héroïque” du designer :” De jeunes designers, français notamment, enfilent aussi le costume de la transformation du monde. 9a marche bien, surtout lorsque leur frimousse et leur talent oratoire permettent de servir la cause qui donnera lieu plus tard à la réalisation …..de sceaux à champagne”.
    C’est pourquoi j’ai quitté mon rôle de contribution editor et de consultant de Yatzeroloulos dont le Riva derivait vers les recifs du luxe, du hipe, du bling bling, du rich and famous, du people avec comme seule carte, des cartons, des flyers…

  • Chatel Chaix Jacquel

    Elle est super cette malle, astucieuse, fraiche et printanière !
    C’est bien le concept d’emballer la malle avec la nappe.
    Elle donne envie de partir en pic nique.

    Bravo pour les associations matières et couleurs sur les insectes

  • Prune

    Interessant le design à sensibilité textile, je ne connaissais pas.
    A suivre

  • Marion CHATEL-CHAIX

    @Maupado & Prof Z
    Toute critique est constructive, mais ouvre le débat.

    La malle à pique-nique n’est en aucun cas une action de co-branding promotionnel.
    Le thème d’un pique-nique au Champagne a été lancé par Ruinart en 2004 avec le Comité Colbert, dans le cadre du concours “Les espoirs de la créations” *.
    (il semblerait donc que le concept a ensuite séduit la concurrence, puisque la malle Riva / La Veuve Clicquot citée date de 2008)

    Cette malle “furoshiki” est resté à l’état de prototype. Son concept a simplement inspiré une malle plus simple, commercialisée ensuite par Ruinart.
    Elle n’a jamais été un objet “star” de reportages aux talents oratoires ou de remerciements jet-set, ni même pour le sujet de cet article.

    Elle est simplement devenue l’objet emblématique de ma démarche créative :
    Le projet était plutôt destiné à un public de designers produits lors du lancement du cahier des charges. Les designers ont proposé des malles “hight tech”, qui perdaient toute l’idée essentielle du pique-nique. La simplicité du concept choisi par l’oeil du designer “textile” a fait se démarquer cette réponse, et a séduit la marque.
    Cette malle est donc l’illustration de ce que j’appelle le “design à sensibilité textile”. Cette sensibilité aux matières et aux couleurs peut apporter quelque chose et faire la différence sur certains projets.

    (* Pour rappel : Depuis 1987, le Concours des Espoirs de la Création permet la rencontre entre les jeunes créateurs de écoles françaises et les maisons du Comité Colbert actrices majeures de la création française. Imaginé à un moment où les formations françaises au design pâtissaient de la concurrence internationale et où les jeunes partaient se former notamment en Angleterre, ce concours a contribué fortement à la dynamisation de l’enseignement français. Il ne s’agit pas que de bling-bling, mais de rencontres et d’échanges.)

  • R T

    Voila une bonne mise au point

  • maupado

    @Marion,
    En ce qui me concerne, j’aime votre travail, j’ai dit pourquoi, et pas celui que je citais en opposition, je l’ai peut-être dit plus longuement. Je ne vois donc rien ici qui fasse débat, ni personne avec qui l’engager. Tout au plus de la surenchère, mais à quoi bon?

  • Prof Z

    @ Maître Maupado @Marion,
    Les plaidoiries, les réquisitoires ou les billets d’humeur de notre décorateur textuel ,avocat amateur de Marseille dans tous les blogs de design qui le mérite, pour défendre, ici votre belle ouvrage sur le Champagne, là un presse citron virtuel d’un “baby designer”, mérite quelques corrections pour arriver au niveau du fameux “tribunal des flagrands délires.” de Pierre Desproge.
    J’ai réagi à cette attaque de la veuve “Pas de co-branding supposé win-win à la noix”…. car il s’agit de cobranding entre la Veuve et ses héritiers et une coque de noix de noix italienne “sauvée” des eaux du lac de Côme par Ferreti devenu un master du design de luxe.
    Je ne vois pas pourquoi les marques de luxe françaises ne ferait pas “du design de promotion”, “du design de l’attention” selon la formule de Clément Gault du blog recherche et des opérations de co-branding avec d’autres marques.
    Je suis pour un design de terroir, un design AOC ., un design ethnique français et pas simplement un design international qu en fait est le design italien de l’après guerre.
    Je suis aussi pour un dialogue des cultures du cadeau, du plaisir d’offrir, de s’offrir plutôt que du packaging dans sa vision infiltré par l’américanisme.
    Le furoshiki est selon wikimedia “une technique japonaise traditionnelle d’emballage en tissu utilisée pour transporter des vêtements, des cadeaux, le bentō, etc. Son existence remonte probablement à l’ère Nara .Depuis l’après-guerre, les furoshiki tombaient doucement en désuétude au Japon, en grande partie depuis l’apparition du sac plastique. Cependant, dans un souci environnemental, le ministère de l’environnement et des associations écologiques japonaises tentent de les remettre en vogue .Les furoshiki actuels peuvent être réalisés dans de nombreux tissus, comme la soie, le coton, la viscose ou le nylon. Ils sont souvent décorés de motifs traditionnels ou par du shibori ou du chirimen et mesurent entre 45 et 120 cm de côté. ”
    Je pense au travail de Christian Astuguevielle “Furoshiki et Objets Quotidiens” qui crée des “détonateurs de rêves” par un travail sensoriel et plus particulièrement sur le toucher. “Nous avons, comme par rapport à notre utilisation des matières , des préconceptions, des habitudes sociologiques et des tabous religieux qui formatent le sens du toucher, parent pauvre des sens en Occident. Ce que nous voyons n’est pas toujours ce que nous croyons voir, et, plus encore pour le toucher, ce que nous touchons en le regardant est, et pourtant il s’agit de la même matière, très différent de ce que nous touchons sans le voir. “

  • Adrien

    Quelle agressivité Mr “Prof Z”
    Quand donc serez vous positif ,constructif et compréhensible ……….?

  • Elodie Palasse

    STOP ! @Prof Z : je ne fais pas de “shopping design” sur le blog. Une lecture attentive ne manquera pas de vous éclairer sur mes intentions : ni prix, ni points de vente. Le lecteur peut enquêter aisément lui-même. Sleek design, si je n’y manie pas le “je”, n’en propose pas moins ma sélection, le reflet de mes attachements. Il n’y pas donc pas non plus de “hors sujet”, cette réflexion était justement hors de propos. Par définition, il ne peut y avoir de “hors sujet” dans un blog ! Hors calendrier à votre goût, soit – mais dans ce cas inscrivez-vous à Etapes, qui excelle dans ce type d’informations livrées brutes, fort utiles. Je fais une très nette distinction entre le fil rouge de mon blog, mon espace de LIBERTE, et les articles de commande auxquels je m’astreins ailleurs que sur le Net pour gagner ma vie (qui répondent, dans ce cas précis, à d’autre exigences de calendrier, de marché, de relations souvent win-win). Mais ici, nul publi-rédactionnel pas plus que d’exercice lèche-bottes. Compris ?

    La diatribe à l’encontre de Marion Chatel-Chaix (qui répond avec justesse et intelligence – merci pour elle : vous lui avez permis de donner un aperçu supplémentaire de sa valeur), qui déborde sur Quentin de Coster, n’était pas utile. Vous auriez pu, tout simplement, les questionner par le biais du blog, en exprimant vos doutes ou réserves, plutôt qu’ordonner votre sentence : les lecteurs y auraient eux aussi trouvé un intérêt.
    Certains propos tenaient plus de la méchanceté gratuite que de la critique raisonnée. Vous avez des choses à dire, vous avez une connaissance approfondie du secteur, pourquoi ne pas créer votre propre espace de réflexion et d’expression ? C’est, en un sens, irrespectueux de mon travail : ne confondez pas pas “forum” et “commentaires”. Créez donc un véritable Agora du design en ligne, vous y seriez comme un poisson dans l’eau.

  • Prof Z

    Je ne suis nullement agressif . Tout est plus factuel que du domaine de l’opinion..
    Je ne vous accuse pas de faire du shopping design… mais je ne vois pas l’intérêt pour Maurice de faire le snipper sur le co branding, Riva la veuve pour défendre les projets Marion Chatel-Chaix.
    Je ne fais qu’un rappel rapide du principe de furoshiki que peu de lecteurs connaissent et remet en mémoire le travail de Christian Astuguevielle , un designer un peu oublié…

  • maupado

    Ce serait donc là, le débat: “Maupado snipper du co-branding”. Désolé, j’avais pas capté. Je m’en fous un peu, mais bon: ce n’est pas la méthode qui est en cause, je ne vais pas me permettre de bousculer- je n’ai aucune compétence en la matière- les outils du marketing. J’ai simplement estimé qu’associer ces marques de cette façon les desservait l’une et l’autre. Bien sûr, ce n’est peut-être pas l’avis de la cible, que j’imagine, va savoir pourquoi, essentiellement constituée de messieurs aux tempes argentines, six bagues pour cinq doigts, aux bras de créatures pneumatiques dont ils pourraient être les grand-pères.
    C’est sûr, le pique-nique est loin: que les jambes soient nues ou glissées dans une simple toile, ou que la chevelure explicite soit sagement renouée.
    Rentrons, le temps se couvre.

  • Prof Z

    “Je ne vois donc rien ici qui fasse débat, ni personne avec qui l’engager.” Maupado
    http://www.bilan.ch/files/img/articles/Champagne.jpg

  • Prof Z

    J’aime beaucoup Elodie Palasse et son blog sleek design pour son indépendance de vue et parce qu’elle défriche des terrains, des territoires souvent pratiquement vierges en France, en tout cas dans les blogs et webzines de design. Je l’ai écrit un peu partout . J’aimais aussi beaucoup Maurice que j’ai conduit à changer de pseudo et à devenir Maupado pour pouvoir suivre ses billets sur la toile . Avec Janus Milo et quelques autres (Chapa, Mirokatsu, etc) ils pouvaient être les fers de lance d’une nouvelle critique du design en France, une critique avec des positions construites, des propos argumentés qui feraient passer les commentaires de blogs vers des contributions . Hélas il est devenu ce que Peter Sloterdijk philosophe allemand francophile , professeur de philosophie et d’esthétique à la Hochschule für Gestaltung de Karlsruhe ( l’une des plus dynamique école de design et d’art en Allemagne) qualifie un “partenaire de conflit ” si l’on peut dire car avec des formules provocantes et insultantes « Je ne vois donc rien ici qui fasse débat, ni personne avec qui l’engager. » “Ce serait donc là, le débat” donc de la petite dialectique, de la petite réthorique, unpatinage de figures de style, des effets de manches et peu d’argumentations rigoureuses et minutieuses. Ce qui ne veut pas dire que son éclairage pas toujours éclairant ne soit pas la traduction d’un travers bien français qui consiste à parler d’ un outil du marketing et d’ajouter plus tard
    ” Je n’ai aucune compétence en la matière”…. Ceci me remet en mémoire “Le marketing est mort, vive le design ! ” d’Alain Cadix, le directeur de ” la grande école de design” , l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI- les Ateliers ou cette phrase d’un des responsables du VIA ” Le marketing et le design sont incompatibles ”
    L’approche de Marion Chatel-Chaix, designer « à sensibilité textile » et non designer textile est intéressante mais dans ce domaine, il faut voir, toucher et pas simplement regarder de petites images derrière un écran . Je me souviens au dernier designers days , d’une journaliste hautaine et méprisante assise sur les “Coussin de belle mère” Cactus oursin Echinocactus de Cerruti Baleri … me dire à propos de la table et des chaises de Maurizio Galante et Tal Lancman , ” Cela monsieur, je le fais à noël ” A , Docks en Seine on était pas loin de l”IFM . L’année précedente le microcosme parisien du design avait organisé une conférence en catastrophe car la mode italienne prenait le contrôle financier et du processus de création, de distribution et de communication du design . Gérard Laizé, président du VIA avait eu cette phrase qui ferait sortir à Starck son Beretta verbal ( et à beaucoup d’autres designers d’ailleurs ) ” Le monde du design manque parfois de stylistes pour produire du beau.”
    Les français ont un problème avec le pique-nique, le piquenique, le picnic, avec la gastronomie et l’art de la table comme avec le design et les designers devenus selon l’Insee des concepteurs de modèles… avec le marketing , avec l’argent , avec la réussite…
    La France à un problème avec les mots , avec les concepts…. avec tout.
    Quand j’habitais Bordeaux ma femme voulait habiller le vin . Je lui ai donc offert un livre de « furoshiki »…. “Monsieur on n’habille pas le vin, il a sa robe” ….Le design, le marketing et le vin , c’est incompatible…. Pendant ce temps les italiens ont fait une manifestation annuelle “Vin et Design” ( vin en français) et Alberto Alessi a été invité à Bordeaux et à Paris nous parler de vin et de gastronomie…. “Le design français intellectualise trop “, “les designers français ne sont pas des entrepreneurs.” Gabrielle Pezzini , designer et DA Hermès…… Les français ont un problème avec les entreprises, les entrepreneurs que l’on appèle les patrons….
    Alors j’aime bien ” Imaginé à un moment où les formations françaises au design pâtissaient de la concurrence internationale et où les jeunes partaient se former notamment en Angleterre, ce concours a contribué fortement à la dynamisation de l’enseignement français.” Les français ont un problème avec l’école de design , avec la grande école, avec la moins grande, avec toute l’éducation nationale…. Alors beaucoup de futurs designers vont à Eindhoven, Lausanne , Saint-Luc , Londres etc….. et reviennent et même primés , ici , eaucoup ne reviendront plus…
    J’arrête car “Il faut savoir faire court.”… “Il faut savoir faire cours.”…..

  • Prof Z

    “Par définition, il ne peut y avoir de « hors sujet » dans un blog ! ” Elodie Palasse
    Je fais un Panthéon des blogs de design français. Comme le maestro Umberto Ecco le recommande, je fais une simple liste et même pire, pour certains profs, élèves et étudiants de notre république des belles lettres… de licenciement, un classement… Quelle horreur!
    La pré -liste ne peut se faire sans un inventaire, qui une fois établi, me fit plus penser à celui des poètes surréalistes et plus présisément à l”inventaire le plus connu de tous ,celui de Jacques Prévert qui mêle délibérément des objets sans rapport apparent les uns avec les autres. De cette expérimentation littéraire est née une expression, on parle d’« un inventaire à la Prévert ». de Prévert car contrairement à ce que pensent certains un blog n’est pas seulement un sujet écrit par un blogueur et des commentaires écrits par certains des lecteurs du blog, à un rythme plus ou loin rapide.
    J’ai donc crée, comme aux Césars ou à Cannes ou au Molières, des catégories pour arriver à une apparence de segmentation mais nos experts en études travaillent plus souvent à la louche quand ce n’est pas avec une méthodologie louche.
    Pour moi Sleek design n’est pas un blog mais un blog webzine , il n’est pas un blog webzine français mais bilingue ce qui me le fais placer au côté d’ Ego design, des québécois , canadiens.
    Vincent, de BED (blog esprit design) avait d’ailleurs lancé cette idée de classement, de panthéon perso des blogs…..les journaux de deco design aussi, pour arriver à la liste d’ Yves Cochet , grand maître des salons parisien dont Maison et Objets)….
    On passe de la presse qui a moins d’un journaliste par titre , a des blogs qui sont fait par des journalistes, des professionnels, des amateurs. Il y a encore une segmentation a faire par le statut de l’auteur. On entre dans la micro segmentation…
    Je suis d’accord avec Prune Expression interessante que ” le design à sensibilité textile” surtout dans l’acceptation du mot design en français.
    “Toute critique est constructive, mais ouvre le débat.” indique l’auteur , le créateur, le designer Marion Chatel-Chaix . Elle qui fait une longue réponse argumentée ce qui est rare dans le contexte des relations professionnelle du design et amateur de design en France. Il ne s’agit pas de critique ( de la critique en design????) mais de commentaires construits et donc de contributions au sens de Bernard Stiegler +
    “Il n’ y a aucune “agressivité de ma part, de ce “Mr Prof Z “, expression qui fait terriblement XVII remixé XX avec cette petite pointe de mépris bien française . Je suis pour réhabiliter le statut de l’amateur du XVII XVIII dans la nouvelle société industrielle en train de naître “Le statut d’amateur était d’abord une distinction académique accordée aux hommes par leurs gouts et leurs connaissances.”
    Je pense avoir répondu à la question d’Adrien “Quand donc serez vous positif ,constructif et …compréhensible … ? Pour ce dernier point, tout dépend de votre patience, car la culture c’est la patience…. et l’ouverture.
    En fait , en photo et dans certains formats, les oeuvres ne sont pas lisibles et même visibles face à la surenchère visuelles de certains blogueurs qui monétise leur blog dans l’économie de l’attention en transformant le regardeur en voyeur. Quand les blogs passent à “des sujets d’indignation” selon Peter Sloterdijk ++ comme dans les autres medias , la “sensibilité textile” , l’émotion, le détails , la finition …. dans cet espace de LIBERTE hors du commun et hors calendrier .
    Je suis prof de No discipline au sens de Ron Arad ou d’indicipline pour certains, c’est ma LIBERTE…. Certains veulent me réduire , me canaliser ,me brocarder, me déconsidérer, me parodier, m”éliminer, me censurer….. Je ne vais pas me victimiser…” je m’en tape” dans tous les sens du terme…. Avec une petite recherche boolenne vous irez plus loin dans les rapports entre le design et le textile, entre le design et la mode, entre le designet le style , entre le design et le design ….

    +Bernard Stiegler +Depuis 2006, il dirige l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) du Centre Georges-Pompidou, institut créé à son initiative en avril 2006.
    Il est par ailleurs président de l’association Ars Industrialis.
    + +Peter Sloterdijk philosophe et essayiste allemand, professeur de philosophie et d’esthétique à la Hochschule für Gestaltung de Karlsruhe etaux Beaux-Arts de Vienne.

  • paul J

    Quel raseur ce prof Z.
    C’est bien de regarder, d’admirer et de se taire…….

  • Prof Z

    Je rase gratis, profitez en … pour votre fausse barbe

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