Shadow Construction, Marte Haverkamp

Marte Haverkamp, diplômée de l’école d’art d’Utrecht, a longtemps été obsédée par les ombres et l’idée «d’en faire quelque chose ». De longues ombres portées se sont ainsi matérialisées, dictant la forme inédite des objets et meubles de sa série Shadow Construction. Le travail de Marte Haverkamp met l’emphase sur le jeu visuel, un trompe l’oeil inhabituel pour seule esthétique.

Marte Haverkamp, who recently graduated from the Utrecht School of Arts, has been fascinated by shadows for a long time and « wanted to do something with them. » So she started constructing pieces of furniture shaped as silhouettes: the Shadow Construction series have not much in common with your usual chairs & table. « The present work focuses mainly on this visual play and its aesthetics. »

« Je me suis longtemps demandé ce qui rendait les ombres si précieuses à mes yeux, avant de réaliser qu’elles n’avaient rien en commun avec des objets familiers, façonnés par la main de l’homme pas plus que par la nature. Une ombre se profile le long des sols, des coins, des objets… Elle se déplace avec fluidité, demeure irréelle. En capturant les ombres de certains objets, pour les concrétiser, sont soudain apparus de nouveaux objets, sans rapport avec ceux que nous connaissons. »

« After a long journey to find out what makes shadow so special to me, I found out that shadows do something no other product, human or animal can. It easily follows floors, corners, products. It seems fluid as it moves smoothly over various surfaces. By capturing shadows of different objects and then materializing them, I came onto new objects. Objects with a high level of recognition that make you look twice. Exciting from every angle they are food for thought. Playing with forms and shapes, lighting out existing objects and with their shadows creating  new forms for new objects. A new object that I could never have thought up beforehand. »

La prochaine étape ? « Affiner l’aspect fonctionnel de mon travail, afin de toucher un public plus large. »

What will the next step be? « I am working on giving these items a more practical function, for a wider audience. »

(source Studio Marte, photo Karen Steenwinkel)


Comments

11
  • Prof Z

    D’un sujet à l’autre sur Sleek design, je viens d’avoir une vision: l’aspirateur à ombre

  • suprlipopette

    Et bien je dis, ça alors !

  • Elodie Palasse

    @suprlipopette : un “ça alors” positif ? Si elle peaufine l’aspect fonctionnel de ses objets, cela promet une vraie réinvention formelle. Je dis : “ça alors, quelle ambition !” (et je la surveille). En attendant, sur son stand d’exposition, l’ensemble était poétique mais flou : je tordais ma tête dans tous les angles pour “comprendre” l’objet. Comme tous les visiteurs du Klokgebouw faisaient de même, cela créait un curieux aréopage. En tous les cas, ça marque les esprits.

  • maupado

    Mhhh. Si elle était sur son stand, les objets(?) faisaient sans doute autant tourner les têtes que la demoiselle elle-même. J’ai cru un moment qu’on pouvait ranger ce travail dans la catégorie trompe-l’œil et autres traquenards formels, comme du Georges Rousse en relief, mobile et autonome, qui s’affranchirait des lieux qu’il colonise. Il n’en est en fait rien du tout. Ce n’est pas plus près non plus des montres molles qui restent pendre à plat. Notre hôtesse (hé oui) vient à propos nous suggérer simplement qu’elle n’y a rien compris. Ouf! Moi non plus, tiens. Mais je ne dirai pas, comme elle, que c’est “flou”. Non, c’est très net, tranchant, même.
    Conclusion:
    Ben, ça alors!

  • Elodie Palasse

    Le flou s’appliquait plus à l’usage ! 🙂 En plus d’être ravissante, Marte est absolument charmante : devant mon air déconfit, elle est venue m’expliquer, souriante, comment étaient nés les étranges objets. C’est De Chirico et Cocteau bras dessus, bras dessous avec Rietveld (à Utrecht, quoi de plus logique ?). Beau !

  • Prof Z

    Quelle culture ! Mais quelquefois les mots, les citations deviennent des maux, empêchent de penser, sont comme des rideaux de fumée devant l’objet, devant le sujet… Alors je me méfie des textes d’intentions de designer, des explications de l’auteur interviewé , du storytelling, des rédacteurs de relations presse, des critiques de design souvent plus littérateurs qu’éclaireurs….
    Moi aussi, je suis passionné par la silhouette de cette femme….. et aussi par le dessin à la Silhouette ….
    Comme je conseille on line via les blogs et off line via les mails de très nombreux jeunes designers (dont des milanais et des vénitiens, ce qui peut paraître paradoxal)et qui me font parvenir de sublime dessin d’ordinateur… une 2D, une 3D bien léchée Designer d’un pays émergent ou non , voulant devenir designer émergent ou même star du design, je leur dis toujours envoyer moi d’abord le dessin à la silhouette pour reprendre la tradition française du dessin à la silhouette du XVII ou XVIII, je ne sais plus(ou l’ombre chinoise si on peut dire ) qui donne souvent une indication sur la personnalité d’un produit, sur son univers de référence, sur l’attribution du projet à un autre designer sans avoir une validité psychométrique mais aussi sur sa désirabilité immédiate . En général , ils ne le font pas . C’est ringard ? Has been ?

  • élise

    Les prisonniers de la grotte platonicienne prenaient les ombres agitées par de divins marionnettistes pour la réalité. Hors de la caverne, l’ombre devient ici tangible. Le regard est libéré mais l’objet intègre ses propres simulacres projetant dans la lumière l’ombre de l’ombre. Et je me prends à rêver d’ un monde où les hommes apparaîtraient ainsi, dans une étrangeté révélée, leur identité portée dans un corps plié, prolongé, reconstruit. Oui Cocteau, De Chirico, Rietveld…Des échos et des ombres. Le travail de Mlle Haverkamp résonne.

  • Elodie Palasse

    C’est amusant, personne n’ose commenter derrière Elise… Selon l’expression consacrée : “ça calme” !

  • Prof Z

    Tout propos paraît creux et verbeux comme après un discours caverneux de Malraux au Panthéon …. Je me prépare donc à monter sur mon vélo en chair et en os en boîtant comme Toulouse Lautrec mais “Beau comme la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection”…

Something to Say?

Your email address will not be published.