La table de Frank Lloyd Wright

Frank Lloyd Wright ne se contentait pas d’imaginer des édifices, mais dessinait les vitraux, panneaux, meubles et éléments divers susceptibles de compléter et de mettre en valeur son travail (génie visionnaire, obsédé du contrôle, probablement les deux – à vous d’en décider). Ce fut le cas pour la plantation Auldbrass, en Caroline du sud (une ferme expérimentale où l’on développait des cultures destinés aux climats européens et africains). Une des toutes premières structures “Usoniennes” de Frank Lloyd Wright (en référence à sa propre vision d’une “nouvelle Amérique”, Usonian dérivant de l’acronyme “U.S.”), Auldbrass fut un des projets d’envergure entrepris par Wright au début des années 1940. Parmi le mobilier dessiné par l’architecte et designer (plans, dessins et archives au grand complet sont aujourd’hui conservés à Taliesin) se trouvait cette table basse faite en cyprès, le bois qu’il avait choisi pour la réalisation de la maison. Le meuble, fabriqué par les charpentiers, sur place, à Auldbrass, sera proposé aux enchères à Chicago le 14 décembre par la maison Wright. Après la mort de Leigh Stevens, propriétaire de la plantation, la table avait rejoint une collection privée, à Chicago ; son estimation est de 20 000 à 30 000 $.

Frank Lloyd Wright did not only imagine houses, but designed glass windows, wood panels, pieces of furniture or any other element that would enhance his work (whether he was a control freak, a visionary genius or both is up to you). This was the case with the Auldbrass plantation, in South Carolina (experimental crops for growth in different climates in Europe and Africa were made there). Auldbrass was one of Frank Lloyd Wright’s first Usonian structures (referring to his own vision and plan for a new America, deriving from the “U.S.” acronym), imagined in the early 1940’s. Among the furniture the architect and designer had imagined for the plantation is this coffee table made of cypress, the same material Frank Lloyd Wright had chosen to build the house. Fabricated by carpenters on the site, it will be auctioned at Wright in Chicago, on December 14th. Kept in a Chicago private collection after the death of Leigh Stevens, the Auldbrass owner, the low table is estimated $20,000–30,000.




Comments

4
  • Prof Z

    En design il y a plusieurs façon de traiter la table basse. Ne pas la traiter du tout comme Starck ou la traiter de manière meuble invisible, la traiter comme une sculpture ( Nogushi) ou comme Frank Lloyd Wright un scale model de maison . Il est certain que les animaux domestiques vont adorer cet abrit … de fortune. Il fut un temps ou les modèles à l’échelle des grands ebenistes servaient aux animaux

  • maupado

    Liberté. Wright sait ce que ça veut dire. Et si sa conquête est difficile pour une usine, un musée, voire une villa bourgeoise, elle n’est pas plus aisée pour une table basse, fut-elle d’un plus vaste projet.
    Commenter, ici, c’est décrire.
    Un composition d’hexagones: le plateau, abstrait car on n’en lit que le plan, la ceinture, le piètement.
    Un simple assemblage de planches toutes lisibles, une pour le plateau, six pour le bandeau périphérique, deux fois trois pour le piètement. L’assemblage est simple, mais pas sommaire.
    Le bandeau périphérique donne son épaisseur au plateau et sa bordure saillante renforce le dessin autant qu’elle interdit aux objets d’en troubler la ligne. Ce bandeau n’est pas vertical, mais légèrement oblique, (l’angle doit approcher les 15 ° :-), et l’aboutage en coupe d’onglet n’en sera que plus délicat à réaliser, car le sujet n’est pas ici l’évitement des chutes ni seulement l’effet de masse mais la dynamique.
    La masse, le piètement semble vouloir en assumer la charge. Mais suivant le point de vue, on lit autre chose, et ce qui est plein d’un côté devient vide de l’autre, puis se ferme à nouveau. Le placement en retrait de la planche entière s’oppose à celui des deux plus petites qui affleurent le bandeau et dégagent comme un tunnel au minces parois.
    Opposition plastique mais aussi dispositif fonctionnel: dans les deux cas, un volume se dégage sous le plateau dans l’axe de chaque secteur de la table, pour peut-être y glisser des genoux, y allonger des jambes, ranger des objets, des sièges complémentaires…
    Et si ce n’était, à bien des égards, associer la carpe et le lapin, on pourrait voir aussi, dans cette quasi arrogance à ignorer la tradition obligée des pieds dans les angles, comme une communion avec le parti de La Tourette, où Le Corbusier disait avoir laissé descendre les murs sous le bâtiment, simplement, jusqu’à ce qu’ils rencontrent le sol.

  • Elodie Palasse

    Tout est dans l’angle de 15° donc ! On en revient toujours à ça. Fibonacci, eat your heart out! 🙂
    (ne pas confondre le couvent de la Tourette avec le syndrome du même nom. Je sais, elle était facile…)

  • Prof Z

    Il n’y a pas que cette table à vendre. D’ailleurs on pourrait y élever les lapins de Fibonacci . c’estr un autre angle de vue
    http://www.wright20.com/auctions/view/K07T/K07U

Something to Say?

Your email address will not be published.