Papier, porcelaine, lumière : Paperclay, Valentin Loellmann

Le designer allemand Valentin Loellmann est parti d’une simple lampe de papier de riz chinoise pour mettre en oeuvre sa lumineuse création (venu de Maastricht où il vit désormais, il expose actuellement son mobilier d’inspiration tout à fait néerlandaise dans une galerie d’art parisienne). Avec Paperclay, délicate suspension de porcelaine, le designer désirait  “reconstruire le traditionnel luminaire par le biais de procédé et matériau totalement différents”.  “Je tenais à conserver l’aspect fragile et ténu du papier, tout en le sublimant par l’apport de matériaux et applications hors du commun”, explique-t-il …

German designer Valentin Loellmann (now living and working in Maastricht, he is currently exhibiting his rather Dutch design-inspired furniture in a Paris art gallery) has turned a simple chinese paper lamp into a bright idea. With Paperclay, a glossy and delicate porcelain lampshade, the designer aimed at “rebuilding the traditional lamp using a totally different process and material. I wanted to keep the unique, light and tenuous look of the paper and fulfil it with extraordinary materials and applications.” …

Valentin Loellman, suspension Paperclay

A partir de la traditionnelle boule de papier de riz, le designer a tout d’abord créé un moule. Celui-ci a ensuite été empli de pâte de porcelaine, elle-même renforcée de papier (une technique couramment utilisée en sculpture). Le surprenant abat-jour de la suspension se compose de deux parties; la première, côté extérieur, dessine l’apparence du papier. La seconde, à l’intérieur, vient soutenir et assurer la solidité de l’ensemble.

From the traditional lamp, Loellmann has made a plaster mould, then filled with porcelain clay, itself reinforced with shreds of paper. The amazing lampshade, entirely made of porcelain, consists of two connected parts, one being the outer structure of paper, whereas the second, inner one, strengthens the whole.

Valentin Loellmann, designer allemand, vit et travaille à Maastricht.

(source Valentin Loellmann)


Comments

16
  • Prof Z

    ” Il expose actuellement son mobilier d’inspiration tout à fait néerlandaise dans une galerie d’art parisienne”.Je trouve que cette phrase montre plus l’infiltration mondiale du style hollandais que l’on retrouve même dans le jeune design italien que la réalité du design hollandais. Beaucoup de jeunes designers “à la recherche d’un éditeur ” ont pris l’option arty/ galerie en se trouvant en face d’un entonnoir éditorial bouché par la crise économique, par les stars qui surproduisent, par les masters de l’histoire du design et par l’explosion des offres venues maintenant du monde entier . Valentin Loellmann dans ce projet ne travaille pas que sur la forme mais sur le détournement d’une technique artistique en procédé de fabrication….

  • Prof Z

    Chez Lui , dans son atelier… c’est vraiment dutch design
    http://bloesem.blogs.com/bloesem/2010/06/lgp-velentin-loellmann.html

  • Elodie Palasse

    @Prof Z : “détournement d’une technique artistique en procédé de fabrication” ? DONC très néerlandais, je ne pense pas m’être trop mal exprimée…

  • Prof Z

    Cette lampe est effectivement très néerlandaise. On peut estimer que ses meubles en galerie à Paris le sont un peu moins. Certains peuvent faire penser à ceux de Jaime Hayon.

  • Elodie Palasse

    @Prof Z : seul le jeu composite de pieds empruntés à différents styles & époques evoque Jaime Hayon. Mais je trouve justement les meubles exposés à Paris complètement dans la mouvance néerlandaise, proches de Maarten Baas, un peu Studio Job, très Nacho Carbonell…

  • Elodie Palasse

    Et d’ailleurs, ce n’est pas un hasard s’il exposait au Klokgebouw à Eindhoven pendant la dernière Dutch Design week.

  • Prof Z

    Voila le détail de mon analyse.
    En réalisant ce meuble en bois bankirai en provenance d’Indonésie et en le recouvrant de polyester , on peut considérer qu’ il s’appuie sur la tradition du design néerlandais par le contraste des matériaux et le mixage d’une méthode contemporaine et d’ artisanat traditionnel. D’un autre côté , on peut considérer
    que dans le choix des matériaux, il n’est pas contemporain . Or le design est de facto contemporain . On peut imaginer du bois de récup et un enrobage moins plastique, de la porcelaine par exemple ou un procédé nouveau… Quel est le concept? Peut on imaginer un design hollandais sans concept ? Ce n’est pas la leçon de Eindhoven. La narration me semble un peu facile : la famille= famille de produits…
    C’est pourquoi seul le design que vous présentez me paraît du design hollandais contemporain .

  • Elodie Palasse

    “Le design est de facto contemporain” ? Un raccourci, non ? Quand Studio Job rend hommage à André Charles Boulle (bonne claque aux jeunes designers français qui n’ont pas eu la curiosité de se plonger dans l’histoire des arts décoratifs et “l’arbre généalogique” du design au passage), inventeur de la commode, en jouant avec de la marqueterie de cuivre en partie/contrepartie, ce n’est pas assez contemporain, ce n’est pas du design ? Prof Z mérite un zéro…

  • maupado

    Plus c’est moins.
    Plus de matière, plus de poids, plus de raideur, plus de vulnérabilité, plus d’opacité.
    Moins de finesse, moins de versatilité, moins de révélation, moins d’ombre, et donc, c’est un peu dommage quand même, moins de lumière.
    Où est passée la lumière?

  • Elodie Palasse

    @Maupado : la lumière, il la met en scène grâce à l’opacité, il la re-dirige. C’est intéressant aussi. Un peu comme dans un tableau luministe de Vouet, elle est gommée à l’endroit où on l’attend naturellement pour la concentrer toute entière sur un détail. Tu ne trouves pas ça joli ? Il m’impressionne, moi, le jeune Valentin.

  • Prof Z

    Comme si tout le design devait être “less is more” et que toute les abats jours et globes de lampes devaient avoir la transparence maximale …. Il ne faut jamais oublier l’objet “inallumé” .
    PS: Pour avoir le dernier mot , mettre une note donc un chiffre c’est paradoxal…

  • maupado

    On voit bien comment fonctionne le luminaire, on voit moins bien le pourquoi impératif du processus. La trace par moulage du papier révèle difficilement autre chose qu’elle-même.
    L’objet n’en est pas moins extrêmement élégant.
    La mutation est devenue une perte. Pas une soustraction (:-)).
    http://www.laura-strasser.de/index.php/en/studio.html

  • élise

    Je ne sais rien de la lumière. Je ne comprends que les histoires qu’elle m’invente. Le disque plat à six francs six sous, papier et fil de fer, d’une légèreté propice aux déménagements rapides par des cages d’escalier étroites, devenait en se dépliant boule de lumière, donnant un air cossu à n’importe quel galetas estudiantin. Elle jaunissait ou se décolorait, se tachait, se trouait par ses propres armatures tordues. Fragile lampion d’une première installation, d’une première indépendance, figé ici par le moulage. Les nervures de la pâte de porcelaine semblables à celles des mains de morts célèbres. Belle sculpture où la lumière s’emprisonne, l’histoire s’achève et où la possibilité de la déchirure devient la crainte d’une cassure.

  • Elodie Palasse

    J’espère que Valentin Loellmann comprend le français ; ce serait dommage de passer à côté des commentaires 🙂

  • Karin

    Very delicate and interesting. It looks so real!

  • Mary Ann

    Nice!

Something to Say?

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.