Maurice Padovani, Capitan

Maurice Padovani est un architecte d’intérieur français – Marseillais, nuance – qu’on nous envie jusqu’en Chine, voire en Australie. Comme pour la maison du Prado, l’architecte revient régulièrement sur les lieux du crime pour apporter un souffle de renouveau. Le tabouret Capitán est l’une de ses plus récentes créations pour le restaurant Al Dente, à Marseille.

Maurice Padovani is a French interior designer – or rather a proud Marseille dweller – whose work even Chinese journalists and Australian bloggers gush over. As he did with the Prado house, one of his best known projects, Padovani likes to come back to the seen of the crime. That is how the Capitán stool was created, for the Al Dente restaurant in Marseille.

Imaginé à l’occasion de la recomposition du comptoir-bar, le nouveau tabouret présente deux curieuses caractéristiques formelles et fonctionnelles : on accroche les sacs à courte anse à l’une ou l’autre des «cornes» qui hérissent ses flancs et les plus longues bandoulières se glissent dans la fente de l’assise. Capitán évoque le code couleur de l’enseigne, laque noire et bois flammé.

Et pourquoi “Capitán” ? Capitán fut le premier taureau de corrida à porter un nom (à Madrid, en 1754). Clin d’oeil aux cornes, à son “pelage” noir, au carmin de la muleta, Capitán, “le capitaine”, ne laisse aucune place au doute : c’est lui le maître !

Recently designed for the renovation of the bar counter at Al Dente’s, the Capitán stool parades the restaurant’s visual identity color code: lush, lacquered black and ruby red wood. The stool offers two curious features, both formal and functional: one can hang one’s handbag to one or the other «horns» protruding from the sides, while longer straps slide into the cleft splitting the seat in two parts.

Regarding the name, Capitán was the first corrida bull to be given a name – in 1754, in Madrid. The Capitán (Captain) stool, evoking the animal’s dark coat and the red hue of the muleta cape, doesn’t beat around the bush: the name says it all, Capitán rules!

(Maurice Padovani architecture, photos Paul Ladouce, Al Dente)



Comments

7
  • Elise Padovani

    Si taurins sont le nom, les couleurs et les cornes, les «pattes» légèrement écartées bien plantées sur le sol, le tellurique Capitán n’est que douceur et bienveillance : le flammé ne brûle pas, le noir dramatise à peine. Amicaux, les arrondis appellent la caresse des yeux, et celle des mains, l’assise, des fesses sororales. Le sensuel double le fonctionnel d’une courte tête, sans corrida fatale. Un italo-andalou élégant, sexué, à la douceur mâle et à la stabilité femelle ou tout aussi bien le contraire, pour des brèves de comptoir et plus, si affinités.

  • Elodie Palasse-Leroux

    Elise, ce commentaire me laisse sans voix. Mais on carbure à quoi, au juste, chez les Padovani ? On peut avoir la recette ?

  • maupado

    “…I’ll have what she’s having”.

  • Elodie Palasse-Leroux

    Voilà, c’est ça ! (cette fois, la référence ne m’échappe pas : j’étais née ;))

  • maupado

    De plus, notable avantage en cette ère soupçonneuse, l’objet est aussi en lui-même et grâce au postérieur de celui qui l’occupe un efficace antivol, sans cadenas ni chaîne. À moins que.

  • æ

    Le fil unique de la seule métaphore possible étant cousu bien serré, il ne me reste guère pour m’exprimer qu’une assez triviale littéralité : j’en ai rêvé, mon père l’a fait ! Ouais.

  • Elodie Palasse-Leroux

    “Fil unique”… J’y suis ! Filandières, taureau, Eros et Thanatos : le Design thinking façon Padovani trouve sa source dans la mythologie grecque. (‘M’aurait étonnée qu’il fasse plus simple, tiens…)

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