Infernopolis : Atelier Van Lieshout, Rotterdam

Troublante expérience que la visite de cette exposition, qui plonge à la fois le visiteur dans les entrailles de la ville et de l'oeuvre de Joep van Lieshout : il faut emprunter un long tunnel et s'éloigner du centre pour parvenir dans la partie la plus sombre et désolée de la ville. Rotterdam, loin de l'image d'Epinal de la ville hollandaise aux canaux charmants, bordés de maisonnettes aux façades chantournées, première cité portuaire d'Europe, affiche des proportions furieuses, une architecture hardie devenue signature (la rage des bombardement de 1940 a laissé Rotterdam en ruines, exsangue). Sa culture underground est mondialement réputée, réputation sulfureuse en prime. Mais Rotterdam, qui tire son nom d'après celui de la rivière Rotta, "eau boueuse", a détourné sa noirceur en une séduisante caractéristique. D'aucuns verront là le premier point commun à la deuxième ville des Pays-Bas et au travail de Joep van Lieshout (né en 1963), designer, artiste, architecte, rejeton de la foisonnante scène artistique locale du début des années 1990. Visiting this exhibition can be unsettling, providing a strange feeling of travelling into the entrails of both the city and Van Lieshout : from downtown, one has to drive through a long tunnel to find oneself, away from downtown, in the midst of nowhere. Rotterdam hasn't much to do with the traditionnal postcard scene from the Netherlands (canals lined with charming Dutch 17th century houses): the largest harbour town in Europe, Rotterdam draws a gigantic map, identifiable by its bold and sometimes crazy architectural experiments (WWII had turned the town into a heap of ruins). The sulphurous reputation of the city's underground cultural scene has an international appeal. But Rotterdam (named after river Rotta, meaning "muddy waters"), badly behaved and prone to all kind of excesses, has turned darkness into an enthralling asset. A fact both shared by the country's second largest city and artist, designer Joep van Lieshout's (a 1990s' local overflowing creative scene offshoot) work.